juin 09, 2008
Photos trafiquées en science et la science des photos truquées
L'éditeur du "Journal of Cell Biology" vérifie les images accompagnant les articles soumis pour publication. Un pourcent avaient été manipulées au point d'en changer l'interprétation. À lire dans The Scientist.
Dans la même veine, le magazine papier Scientific American publie un article fort intéressant sur comment détecter les images retouchées. Par chance, cet article est entièrement disponible sur leur site: Digital Forensics: How Experts Uncover Doctored Images.
Bonnes lectures.
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mars 28, 2007
Nouvel atelier sur la cartographie argumentaire : 19 avril
Comment raisonner sans tourner en rond: la cartographie argumentaire
Penser est un acte difficile.Pour en savoir plus immédiatement...
Pour lire ou imprimer le dépliant
Les deux documents ne sont pas parfaitement identiques. Le dépliant est plus agréable, mais ne contient pas les liens hypertextes disponibles sur cette page.
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janvier 28, 2007
Pistes intéressantes, mais terrain glissant
6.30pm-8.15pm (vrai 19:00 - 21:00)Modérateur: Thomas Gordon
Argumentation Theory for the Law of Evidence
Doug Walton
- un conférencier qui a beaucoup publié
- ces livres portent beaucoup sur la logique informelle; beaucoup de questions et de listes de schémas d'arguments utilisables
Argument Visualisation Software for Crime Investigators: Design and First Experiences
Henry Prakken
- son texte
- leur logiciel est orienté comme Araucaria et Rationale: il ne décide rien, ne calcule rien mais vise à assiter l'utilisateur à dégager du sens des informations cueillies
- la seule façon viable de comparer des argumentaires serait de comparer des histoires selon les travaux de Crombag, van Koppen, Wagenaar sur l'Anchored Narratives Theory
- deux types d'ancrage nécessaires pour une bonne histoire: externes et ...
- un contenu et des textes à lire et étudier: valait le voyage
- construction de diagrammes de causalité: ça oblige à expliciter des liens et voir les trous potentiels dans l''histoire à raconter
- à propos des témoignages: cheminement normal est qu'on accepte le témoignage et l'autre est le cheminement réflexif qui oblige à examiner les alternatives, ce qui n'est pas naturel dans le travail des policiers
- NDPierre: dans quelle mesure un logiciel comme Rationale ne met pas justement son utilisateur en mode réflexif? Serait intéressant de modéliser le cas "King et le jouet" en Rationale pour voir si le questionnement généré serait le même.
William Twining, commentateur
Quain Professor of Jurisprudence emeritus
University College London Law Faculty &
Professor University of Miami School of Law
- Twining: parle du danger de trop simplifier pour réussir à rendre la complexité traitable par un ordinateur
- Twining: il ne faudrait pas qu'un logiciel supposé assister la réflexion la remplace
- ex-procureur: il faut distinguer les besoins des enquêtes en cours sur un crime pas encore commis (ex. crime organisé) des besoins d'un crime ayant déjà eu lieu. Aussi, souvent le crime comporte des aspects qui s'étendent sur de nombreuses années, plus de 26 ans dans un cas actuel. Pensez à Enron.
- Prakken: attention, on ne doit pas confondre les besoins du procès avec ceux des policiers enquêteurs; la clientèle que notre approche veut assister
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janvier 27, 2007
Démarrage de la conférence: pourquoi s'intéresser à la visualisation de la preuve
9:00-9:20
Peter Tillers, instigateur de cette conférence sur "Les représentations graphiques et visuelles de la preuve et des inférences dans un contexte juridique", débute la journée en portant notre attention sur les éléments suivants:
- un changement important dans l'étude de la preuve est survenu dans les années 50 et 60
- insérer du calcul baysien a failli tuer le champ d'étude dès le départ, mais heureusement ça a échoué ;-)
- la visualisation peut rendre la preuve plus compréhensible, même pour les jurés
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décembre 27, 2006
Argumenter ? Pas toujours nécessaire...
Contentons-nous de faire réfléchir. N'essayons pas de convaincre.
Georges Braque
Trouvé lors d'un détour par le blogue de Jean-Sébastien Bouchard
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février 02, 2006
Dr House, médecin de raison... et de fiction
De temps en temps, on découvre une série télé qui nous étonne. Cette année, c'est House. Je sais. La série existait l'an dernier mais n'était pas apparue dans mon radar.
Je jubile à chaque épisode, probablement pour les mêmes raisons que tout le monde: il est bête, a toujours raison et a toujours la réplique juste et cinglante. Il ne souffre pas de l'esprit d'escalier. Pas du tout. J'imagine qu'avoir une équipe de scripteurs, ça donne un petit coup de main.
Un commentaire de l'acteur principal, Hugh Laurie, m'a révélé une autre facette de ma fascination pour ce personnage : c'est un être de raison, un sceptique.
Laurie says his character reasons against emotion, and “in this touchy, feely age, reason is not a popular thing. Facts are not popular things. Logic is not a popular thing. Warmth and emotion and sympathy are very popular things...
“I think it puts an interesting question to the audience: Would you rather have an unkind person who is right, or a kind person who is wrong?”
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octobre 06, 2005
Cadeau du ciel pour cerveaux embrumés
Vous vous croyez intelligent? Mais je le suis, répondez-vous. Tant mieux. Mais savez-vous vraiment bien utiliser cette intelligence? Avez-vous le bon logiciel intellectuel? Sans le savoir, vous en êtes peut-être encore à la version bêta (avec jeu de mots volontaire). Pourquoi ne passeriez-vous pas à une version améliorée de vos algorithmes intellectuels? C'est pourtant simple: il suffit de lire le livre de Normand Baillargeon.
Puisque j'ai mon bureau à la maison, j'écoute assez souvent Indicatif présent. La semaine dernière, j'entends Marie-France Bazzo dire à peu près ceci: « Heureusement qu'on a eu le petit cours d'autodéfense intellectuelle de Normand Baillargeon pour maintenant faire plus attention aux mensonges que peuvent raconter les chiffres et les graphiques ». Excité par la piste, j'ai donc trouvé ce petit livre qui n'est que petit dans son format, mais certainement pas dans l'effet qu'il peut avoir pour la personne curieuse qui veut mieux décoder l'univers qui nous entoure et éviter les pièges tendus.
En introduction, Baillargeon rappelle cette citation de Chomsky, citation qui positionne bien son livre.
« Si nous avions un vrai système d'éducation, on y donnerait des cours d'autodéfense intellectuelle »
C'est ce qu'il nous donne. Ce genre de livre manquait... et non seulement en français. Beaucoup de livres sur la pensée critique hésitent entre le livre de classe, le manuel pratique simpliste ou l'étude philosophique. Baillargeon prend directement le parti du citoyen curieux: les bons outils expliqués simplement avec des exemples vivants et contemporains.
Finalement, pour moi, le plus intéressant c'est que je viens de sauver des semaines de travail. Je donne à l'occasion un atelier passionnant, si, si, sur la persuasion-argumentation construit autour de l'arbre d'argumentation. Au lieu de travailler à améliorer les textes que je distribue pour cet atelier, je distribuerai simplement le livre aux participants... en plus de mes cartes heuristiques. Merci Normand Baillargeon!
Je me promets de lui payer à dîner lors de mon prochain voyage à Montréal. [2005.10.08 Voilà, c'est accepté pour fin novembre ou début décembre. Bien.]
Lectures suggérées
- Prendre au mot dans le journal Voir du 14 juillet.
- L'entrevue avec Marie-France Bazzo du 12 septembre. Durée: 17:54.
- Le brouillon du livre disponible en ligne.
- Normand Baillargeon a même son entrée dans Wikipédia.[NDPP 2005.10.08]
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août 22, 2005
La lecture rapide selon... un éminent sceptique
La veille de la Saint-Jean, j'écrivais 2 courts billets portant sur la lecture rapide, La lecture rapide selon Daniel Gagnon et La lecture rapide selon Woody Allen. En passant voir le Dictionnaire sceptique [anglais], l'un de mes détours habituels, on y trouve un troisième volet: la lecture rapide selon un sceptique. Lisez donc ce texte, mais pour avoir une idée vraiment complète vous devez en plus lire le court commentaire critique d'un lecteur critique. Les références supplémentaires sont également intéressantes.
Ce qu'il y a de bien, c'est que pour l'essentiel, on y fait la même analyse de la lecture rapide qu'en fait Daniel Gagnon dans son propre atelier (lien "résultats des participants"). Ce qui compte, c'est la mesure, la mesure et la mesure.
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juillet 12, 2005
15 indices pour reconnaître des affirmations ou arguments douteux
Détecter tous les pièges quotidiens que nous tendent, généralement involontairement ou par paresse, les médias, la presse, les conférenciers, les amis et, souvent le pire, nous-mêmes, exige une attention constante. Ces quinze indicateurs d'arguments faibles [anglais] ont l'avantage de leur simplicité. C'est un début.
Ces indicateurs font partie du livre Science for All Americans (disponible en ligne) publié par l'American Association for the Advancement of Science.
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novembre 20, 2004
Je collectionne...
J'ai décidé de collectionner plus activement. Non. Pas les pièces de monnaie (numismatique), ni les timbres (philatélie), ni augmenter ma petite, vieille et inactive collection de bagues de cigares (vitolphilie). Non, rien de tout ça. Je vais collectionner les sophismes et fallaces (définitions dans Wikipédia).
Je collectionne déjà, de temps en temps, depuis longtemps. Je découpe des articles de journaux, souvent de la section opinion du lecteur. Quand je veux les utiliser, je ne trouve pas aussi rapidement que je le devrais. Dorénavant, ce carnet servira aussi de cartable.
Si vous en dénichez des particulièrement intéressants, écrivez-moi !
Il ne me reste qu'à résoudre un problème : comment se nomme une telle collection, comment s'appelle le collectionneur de sophismes ou de fallaces, le collectionneur de ces erreurs de raisonnement ?
Grande rousse, pourriez-vous me forger un néologisme ?
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Prise de décision: raison ou coeur ?
Qui mène nos décisions ? Le coeur ou la tête ? Lorsque les deux sont impliqués dans une décision, comment est-ce que ça se passe ? Y a-t-il place pour l'argumentation, pour la raison ?
L'imagerie par résonnance magnétique ouvre une fenêtre sur notre cerveau en pleine action. L'article de Wired intitulé Clear Pictures of How We Think [EN] fournit quelques réponses intéressantes.
Comment votre cerveau s'allumerait-il si vous étiez soumis à la même horrible question que les volontaires étudiés ?
Par exemple, imaginez que vous et vos voisins vous cachez dans une cave alors que des soldats ennemis sont en maraudage. Votre bébé se met à pleurer. S'il continue, les soldats découvriront votre cachette et vous tueront tous. La seule manière de vous sauver, vous et les autres, est de réduire au silence votre bébé -- en l'étouffant à mort. Que faites-vous ?
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avril 26, 2004
Salon du livre de Québec, achats et la Grande Rousse s'appauvrira
Pendant le Salon du livre, parmi les nombreuses découvertes, parmi tous ces titres, parmi tous ces livres si spécialisés, un a attiré et retenu mon regard carnetosphérique : Les inventeurs de dictionnaires. Assez spécialisé comme lecture, n'est-ce pas ? Qui serait assez fou pour tirer du plaisir à lire ce genre de livre ? Tout à coup, le nom d'une carnetière célèbre m'est venu à l'esprit, suivi d'une pensée couleur de Grenadine.
Encore un exemple, s'il en fallait encore, qu'un réseau d'yeux vaut mieux qu'une seule paire. Évidemment, les probabilités sont que ces gentes rédactrices possèdent déjà ce livre. Mes achats, bien que moins ésotériques (à mes yeux tout au moins) peuvent aussi parfois faire sourire.
En lien avec ma pratique de l'animation et de l'argumentation :
- Pour réussir un texte argumentatif de Jacques Garneau chez Trécarré
- L'opinion, la connaissance et la vérité, collection L'apprenti philosophe chez Nathan
- La raison et le sensible, collection L'apprenti philosophe, chez Nathan
- Style et rhétorique chez Nathan
- Notions de culture scientifique et technologique : concepts de base, percées historiques et conceptions fréquentes de Marcel Thouin chez MultiMondes
- Les aventures mathématiques de Mathilde et David de Daniel, Lafortune et al., roman philosophique
Ça, ça allait. La suite maintenant :
- Développez votre humour ! de Bernard Raquin. Oui, commentaires faciles à imaginer.
- Le grand livre des expériences de Alastair Smith. Ça, c'est pour amuser mon neveu de 7 ans quand il est à la maison.
- Les corneilles de Alain Bergeron. Que voulez-vous, ces grands oiseaux noirs sont ceux que je préfère. Pour ce qui est de leur chant, c'est autre chose.
- Démonia maxima de Henri Vernes. Une aventure de Bob Morane. Oui, je suis un vieux nostalgique. Notez le s à la fin du nom. L'autre, Jules, n'en prend pas. Des milliers de pages Web font la faute. D'ailleurs, Antidote connaît Verne mais n'apprécie pas un nom de personne mis au pluriel comme Vernes.
Je passe pour l'instant le contenu de la page 23 de ces livres.
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décembre 07, 2003
Site sur les débats : pertinence de 100%
Si je cotais mes découvertes Web en fonction de leur pertinence par rapport aux thèmes de ce carnet, le site Hyperdébat ne pourrait que mériter 100%.
Cette note vaudrait pour la qualité de certains contenus. En exemple ce texte sur la Logique de l'hyperdébat où, ô surprise, on parle de créer des arborescences des débats. Il me semble avoir abordé ce sujet déjà à une, deux ou même trois reprises.
Note méritée aussi par la qualité des livres qui les ont inspirés, dont cette référence au livre (disponible intégralement en ligne) Internet et la Démocratie de Denis Monière, ou encore celle du livre « La logique et le quotidien » de G. Dispaux qui aurait, semble-t-il, été le premier à proposer cette typologie des jugements (observateur, évaluateur, prescripteur) si pragmatique et que j'apprécie quotidiennement.
Cette note de 100% serait également soutenue par les intentions exprimées par les quatre auteurs « passionnés par les immenses potentialités d'Internet pour développer la participation des citoyens à la vie de la cité ».
Bref, pour moi, un lien 10/10. Peut-être même devrais-je y participer ?
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novembre 29, 2003
André Arthur, argumentation et colloque
Lecture tranquille du samedi matin. Journal Le Soleil, d'une page à l'autre: toutes vues, plusieurs lues. En D-9 on donne des nouvelles de l'université Laval. Un texte de Campus express annonce le colloque « Un style radiophonique. André Arthur et cie ».
Dilemme: irai-je passer l'examen de ce cours où je ne suis qu'étudiant libre, mais assidu et très sérieux, ou irai-je à ce colloque qui me fait très envie ?
Depuis des années, M. Arthur m'accompagne dans les ateliers que je donne sur « l'argumentation au travail ». Qu'on l'aime ou qu'on ne l'aime pas, qu'on apprécie ou déteste son discours, qu'on l'écoute régulièrement ou qu'on prétende ne jamais l'avoir écouté, André Arthur est un phénomène très intéressant. J'utilise de courts extraits sonores de ses émissions pour illustrer l'utilisation de certains sophismes dont l'appel à la popularité.
Et voilà que je pourrais maintenant passer un bel après-midi à bénéficier des efforts intellectuels faits par d'autres. Bien tentant. Parmi les thèmes abordés, deux m'intéresseraient particulièrement :
- L'argumentation par le concret : une stratégie de mise en scène efficace ?
- L'argumentation à la André Arthur
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Mardi
9 décembre |
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septembre 17, 2003
Je suis à deux degrés de Chaïm Perelman ! Enfin presque...
Perelman ? Deux degrés ? Please explain.
Vous connaissez cette théorie qui voudrait que toute personne connaisse toute autre personne de la planète via l'intermédiaire de cinq autres personnes ? (Références à la fin de ce billet).
Je connais CFD : je suis donc à 1 degré de lui. Carl, lui, a déjà rencontré la Grande Rousse : je suis donc à 2 degrés d'elle. Et je suis conséquemment à 3 degrés de toutes les personnes qu'elle connaît, dont Michel Dumais. Vous avez compris ? Selon ce principe, il semblerait que nous soyons à un maximum de 6 degrés de toute personne sur la planète : inconnus et célébrités, gentils et méchants, pauvres et riches.
Récemment donc, selon ce principe, j'ai réalisé que je n'étais qu'à quelques degrés de quelques personnes célèbres... mis à part celles déjà mentionnées dans le paragraphe précédent ;-) Évidemment, ça n'a pas beaucoup d'importance. Mais c'est quand même plus amusant et plus sérieux comme conversation de salon que de parler d'astrologie ! De plus, ça ne se veut pas snob comme le fait d'étaler les noms des gens que nous connaissons car il n'y a ici aucune prétention de les connaître. Tout à fait le contraire. On affirme même ne pas les connaître. Les voici en ordre décroissant selon le plaisir imaginé que je pourrais tirer d'une rencontre... dans le désordre...
- Reinhold Messner : 3 degrés — via un ami londonien + frère de Messner + Messner (l'Alpiniste).
- Andrea Bocelli : 2 degrés — via la fille d'un ami + Bocelli (chanteur).
- Bill Gates : 2 degrés — via un directeur de Microsoft + Gates (entrepreneur).
- Chaïm Perelman : 2 degrés — via un avocat d'origine belge (rencontré dimanche lors de l'épluchette de blé d'Inde annuelle de ma rue) + Perelman !
Enfin, on y revient. Perelman s'imposerait comme pertinent pour ce cybercarnet. Les historiens de l'argumentation s'entendent généralement pour dire que le renouveau moderne de l'argumentation découle de deux ouvrages importants, tous deux parus en 1958. The Uses of Argument de l'Anglais Stephen Toulmin et Savoir argumenter du Belge Chaïm Perelman. Alors, suis-je vraiment maintenant à deux degrés de Perelman ?
Pas aujourd'hui. Malheureusement, un retour dans le temps d'avant le 22 janvier 1984 s'imposerait pour avoir le plaisir de le rencontrer. À cette époque je développais quelques petits logiciels pour la venue des Grands Voiliers à Québec en 1984, occasion de la première Transat Québec/Saint-Malo (Le capitaine était probablement trop jeune pour y participer?) L'intérêt pour l'argumentation ne deviendrait vraiment fort que plus tard.
Ce qui me fascine à propos des six degrés de séparation c'est cette conscience encore plus vive de la proximité des uns et des autres. Aussi, réalisez que les degrés de séparation sont réversibles. L'Alpiniste Messner n'en est pas conscient mais il me connaît... enfin presque. Tant pis pour lui :-)
Et vous, avez-vous fait des découvertes amusantes de ce genre ? À combien de degrés êtes-vous de Jean Charest, de Dave Wiener ou de votre maître à penser ? Évidemment, à ce petit jeu, les professionnels de la vie publique (genre Michel Dumais ) devraient-ils être exclus du jeu ?
Pour en savoir plus.
Toile : l'Université de Columbia confirme la théorie des "six degrés"
E-mail Study Corroborates Six Degrees of Separation
On average, how many degrees apart is any one person in the world from another?
Je n'ai pas cherché à vérifier mais on ne peut faire autrement que de supposer que Six Apart, l'entreprise productrice du logiciel de gestion de carnet Web Movable Type, a choisi son nom en référence à cette théorie.
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juillet 22, 2003
Enfer et damnation !
« 1% des gens croyant à la survie de l'âme après la mort
croient qu'ils iront en enfer »
Déjà qu'il m'arrive à l'occasion, heureusement rare, de me réveiller la nuit avec une conscience aiguë de la réalité de la mort, et ce n'est pas drôle du tout. Pouvez-vous imaginer la vie des personnes avec cette croyance de survie de l'âme avec l'enfer comme destination finale ? Certainement déjà l'enfer sur terre.
C'est ce que révèle un sondage scientifique publié par Harris Interactive, une maison de sondage importante. Harris aurait développé une méthodologie pour produire des sondages scientifiquement valides par Internet.
Le sondage contient d'autres données intéressantes sur les croyances à propos de la mort, les fantômes, l'astrologie, Dieu, l'enfer, la réincarnation, etc.
Ce qui m'étonne encore ce sont les 31% de gens qui croient encore à l'astrologie. Comment est-ce possible ? Ça me rappelle un de mes premiers billets que j'aurais pu intituler Astrologie et pléonasme et qui pointait vers ce livre.
J'ai été mis sur la piste de ce sondage grâce au magazine papier Skeptical Inquirer de juillet/août 2003. Leur site Web n'est pas toujours très à jour mais abrite du contenu de qualité.
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juillet 21, 2003
Ad hominem : non, non, non !
(Thèmes : argumentation, ad hominem, sophisme, insulte, Michel Dumais.)
Dimanche 20 juillet 2003, dans deux grands quotidiens québécois, on pouvait lire le même texte de la plume de Laura-Julie Perreault (bel exemple de convergence) sous des titres légèrement différents :

La droite américaine cherche à dénigrer le journaliste Jeffrey Kofman
Son reportage sur l'intervention des É.-U. en Irak lui vaut d'être traité de "Canadien" et de "gai"

"Canadien" et "gai"
Le journaliste d'ABC, Jeffrey Kofman, subit les foudres de la droite américaine.
« La tension qui perdure dans les relations canado-américaines depuis la guerre en Irak a des répercussions jusque sur le travail des journalistes. Jeffrey Kofman, du réseau américain ABC, l'a appris à ses dépens. Des médias de droite, qui affirment avoir obtenu des informations de la Maison-Blanche, ont tenté de discréditer un de ses reportages en publicisant qu'il est "gai" et "Canadien". »
Toujours selon l'article de Mme Perreault cette manchette aurait été ensuite gaiement reprise par les animateurs radio de la droite conservatrice. Comme quoi parfois la bêtise réussit à faire des petits.
Différentes expressions font référence à ce type d'erreur de raisonnement :
- s'en prendre au messager
- campagne de salissage
- dénigrer l'adversaire
- ad hominem (origine latine mais utilisée en français et en anglais)
- attaque contre la personne
Attaque contre la personne — définition :
Une attaque contre la personne (argument dit ad hominem) est un mauvais argument (sophisme). On dénigre la personne qui défend un point de vue en s'attaquant à elle plutôt qu'à ses idées. On fait de l'évitement, du détournement d'attention. On ne répond pas directement aux arguments avancés par la personne. Cette argumentation est invalide lorsqu’elle prétend trancher sur le fond du débat.
Il existe toutefois des situations où l'attaque contre la personne peut être acceptable. Mais exception plutôt que règle. Pensons au cas des témoins repentis dans les procès des bandes de motards criminalisées. Le procureur de la couronne se doit de vérifier la crédibilité et les motifs du témoignage... ce qui ne doit pas l'empêcher aussi d'essayer de répondre (vérifier) aux faits avancés par le témoin.
Dans la très grande majorité des cas, l'attaque contre la personne est un moyen malhonnête d'argumenter. C'est jouer au magicien en détournant l'attention. Des spécialistes de l'éthique et de la communication, comme Gilles Gauthier de l'université Laval, s'y intéressent.
Il ne faut toutefois pas confondre l'insulte simple avec l'ad hominem. Quand Michel Dumais traite le dénommé Ostide de malpoli dans son billet-modèle, il prend le soin d'argumenter, de répondre aux opinions d'Ostide. Aucun abracadabra. Aussi, il ne pouvait pas vraiment compter sur la nature de l'insulte (malpoli) pour convaincre les lecteurs de l'invalidité des opinions de l'autre. Au contraire des épithètes de "Canadien" et "gai" contre Kofman qui elles se veulent des attaques contre sa crédibilité.
Pour en savoir un peu plus sur l'attaque contre la personne :
- Ad hominem : un interdit général mais qui peut avoir sa place (environ 2 pages)
- L'argument ad hominem dans les débats politiques télévisés : le cas des débats canadiens et québécois (1962-1994). Malheureusement on ne décrit que la communication et le texte n'y est pas. Quand même, selon cette description, ce que j'explique ici serait plus précisément l'attaque directe contre la personne.
- Le petit cours d'autodéfense intellectuelle. Intéressant.
- Livre électronique sur l'argumentation.
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juillet 18, 2003
Modèle de texte d'opinion : un billet de Michel Dumais
Un billet intéressant, de type texte d'opinion, va me donner une belle occasion d'illustrer quelques notions reliées à l'argumentation.
Dans son carnet, Michel Dumais publiait la semaine dernière un texte intitulé De la critique, de la crédibilité, des questionnements et des conneries lues ça et là sur la Toile. Le contexte en deux mots: Dumais répond à un commentaire paru sur Pssst! mettant en doute les compétences de la Grande Rousse et se disant exaspéré d'en entendre parler et qu'elle soit constamment ploguée par plusieurs.
Avec ce texte de Dumais comme contexte et exemple, j'en profiterai pour aborder et illustrer trois sujets dans de prochains billets :
- opinion et argument: où est la frontière ?
- la notion d'appel à l'autorité, avec des critères d'évaluation d'un tel appel
- le texte de Michel Dumais : pourquoi peut-on parler de modèle de ?
Ici l'expression modèle de porte tout son sens :
(petit Robert) personne, fait, objet possédant au plus haut point certaines qualités ou caractéristiques qui en font le représentant d'une catégorie.
Évidemment je ne parle pas ici de la personne ;-), ni d'un fait mais bien de l'objet texte en question. Aussi, on dit bien certaines qualités.
Je ne dis pas que je suis d'accord avec les propos de son texte, ni d'ailleurs que je suis en désaccord. Mon propos ne portera que sur la qualité de son texte par rapport à la façon dont il assume la défense de ses opinions. Il fournit non pas une simple énumération d'opinions mais bien des opinions étayées, défendues, bref de vrais arguments... que l'on soit d'accord ou non avec la validité de ceux-ci. Les opinions abondent mais les arguments font assez souvent défaut dans certains débats webiens.
Même si ce n'est pas vraiment pertinent au sujet, je tiens à mentionner certains éléments. Je ne connais pas Michel Dumais autrement que par ses écrits. Je ne l'ai jamais rencontré. Je ne connais pas la Grande Rousse. Je ne l'ai jamais rencontrée. J'aime toutefois beaucoup ses billets. Anecdote : mal aiguillé par le nom de famille que je croyais d'origine vietnamienne, j'ai même longtemps cru que l'expression Grande Rousse se voulait ironique et désignait probablement une femme particulièrement petite et d'origine vietnamienne.:-)
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juillet 02, 2003
Bien plus difficile que de vendre un frigo aux Eskimos.
Elle est bien bonne. Je suis abonné au sommaire quotidien du groupe de discussion sur la cartographie de l'argumentation. En entête du sommaire reçu ce matin, on y trouve la publicité aléatoire habituelle (le prix à payer pour utiliser gratuitement les groupes de Yahoo). Ce matin, cette publicité s'attaquait à gros :-)
Quel type de service cette publicité voulait-elle vendre à une clientèle essentiellement composée de rationnels, de pourfendeurs de croyances irraisonnables et de sceptiques ? Extrait ci-dessous :
------------------------ Yahoo! Groups Sponsor ---------------------~--> Get A Free Psychic Reading! Your Online Answer To Life's Important Questions. http://us.click.yahoo.com/Lj3uPC/Me7FAA/ySSFAA/IGIqlB/TM ---------------------------------------------------------------------~->
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juin 17, 2003
Vérité entre les extrêmes
Encore, faut-il d'abord reconnaître et ensuite connaître ces extrêmes. Bourgault pouvait le faire et savait le faire. Comme disait en essence ce matin Jacques Lanctôt à l'émission Le Coeur à l'été :
« Bourgault était un merveilleux coupeur de cheveux en quatre, sans le sens péjoratif qu'on attache normalement à cette expression. Il savait tout à fait comment faire les nuances justes. »
Posted by bonadministrateur at 10:37 AM | Comments (0) | TrackBack
Vérité méconnaissable ?
Vérité méconnaissable... mais on peut s'en approcher. Mais ça demande efforts, bonne volonté et outils pour compenser la faiblesse naturelle de l'esprit humain. On ne peut pas tous avoir le talent d'un Bourgault. Un jour, peut-être, la vieille expression « Ce n'est pas la tête à Papineau » sera remplacée par quelque chose du genre « Ce n'est pas un Bourgault ».
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Sophisme... non accidentel.
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juin 16, 2003
Vrai ou faux, comment savoir ?
Dans une chronique récente à propos d'une citation étonnante de Goering, chef de la Gestapo, je terminais en fournissant le chemin parcouru, l'itinéraire suivi sur la Toile. En fait, je n'avais pas tout dit de ce chemin. Il manquait une étape importante : la vérification.
C'est connu, on trouve de tout sur le Web : de la qualité et de l'originalité mais aussi de la médiocrité et du plagiat. Aussi, beaucoup de faussetés répétées et diffusées rapidement à grande échelle. Personne n'est à l'abri. L'excitation à l'idée de partager un fait étonnant contribue à ce phénomène. Pourtant, le Web est lui-même un outil commode et performant de vérification.
Pour Goering, une simple recherche dans Google suffisait et me faisait découvrir par la même occasion Snopes, site idéal pour les sceptiques. On y confirme (références à l'appui) que la citation en question est exacte.
Al Gore, lorsqu'il était vice-président des États-Unis, a-t-il vraiment déclaré avoir inventé l'Internet ?
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juin 11, 2003
Hou-Hou: les journalistes et le pouvoir
Houssein, dans son carnet hou-hou, que je ne connaissais pas avant un détour chez MediaTIC, rapporte et commente le passage de la journaliste américaine Kristina Borjesson à l'émission de Thierry Ardisson. Elle est une des quinze journalistes américains qui ont participé à la rédaction d'un livre qui raconte leurs malheureuses expériences avec le pouvoir américain.
Liberté de presse : liberté sous surveillance.
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« Ouais, mais s'que tu dis là, s't'un jugement »
Cette réplique on vous l'a déjà servie. En version décodée, elle donne à peu près :« Oui, mais ce que tu viens de dire, ce n'est qu'un jugement. » (vous avez entendu le ton légèrement dédaigneux ?) Qu'est-ce qu'on sous-entend par ce genre de propos ?
Généralement ça vise à exprimer un certain dénigrement de ce que l'autre a dit. « Un jugement, c'est bien connu, ça ne vaut pas grand-chose » . « Un jugement c'est relatif donc non discutable. » « Un jugement en vaut un autre. » Et ainsi de suite...
L'affirmation en titre (en soi un jugement d'évaluateur) n'est pas acceptable dans ce sens. Pourquoi ? Si c'était vrai on ne pourrait simplement plus vraiment discuter.
« Lorsque nous argumentons, nous argumentons à propos de jugements ! »
Une argumentation c'est un enchaînement de jugements. Argumenter c'est constamment clarifier et évaluer des jugements. Ce n'est que ça ;-) Donc, dénigrer le mot jugement comme quelque chose de presque sale et inutile, ça n'a pas de bon sens. Savoir distinguer les types de jugements c'est utile. Comme l'écrit Michel Blais dans son cours en ligne :
« Savoir identifier un jugement de prescription qui se camoufle sous le masque d'un jugement observation, c'est éviter le piège d'un conflit de valeurs sans issue. Savoir identifier un jugement d'évaluation, c'est souvent éviter de se faire passer une préférence pour un fait. »
Posted by bonadministrateur at 08:03 AM | Comments (0) | TrackBack
juin 10, 2003
« Les carnetiers sont des exhibitionnistes »
Non, je n'adhère pas à mon titre. Non, ce n'est pas vraiment mon propos. Mais, cet énoncé est un bel exemple de... (réponse en fin de billet).
Il y a beaucoup de bons et d'excellents livres sur l'argumentation, la rhétorique, etc. Si vous n'en avez jamais lu, commencez par celui de Pierre Blackburn dont j'ai déjà dit du bien. Son livre est un manuel, c'est-à-dire didactique, allant à l'essentiel et, dans ce cas précis, rédigé dans un esprit pratique.
Les livres sur l'argumentation (pensée critique, visualisation de l'argumentation, etc.) constituent maintenant le gros de mon « alimentation intellectuelle ». Plusieurs de ces lectures seraient totalement indigestes pour moi si Blackburn ne m'avait pas, d'une certaine manière, fourni les enzymes nécessaires à la digestion de ces autres mets. Nulle part ailleurs, par exemple, je n'ai trouvé aussi directement et aussi clairement la clé simple le passe-partout fourni par la connaissance des trois types de jugements. Les jugements sont les éléments de base d'une argumentation. On va s'amuser un peu avec ça dans les prochains jours.
On distingue trois types de jugements :
- le jugement d'observateur
- le jugement d'évaluateur
- le jugement de prescripteur
Je vais vous les présenter un à un, très simplement, dans de prochains billets. Ça pourrait d'ailleurs faire l'objet d'amusants jeux-questionnaire. Vous verrez. La connaissance de ces éléments si simples est éminemment pratique. Ça donne d'excellentes pistes pour commenter l'écrit de quelqu'un d'autre et identifier pourquoi un bout de texte nous énerve.
Ah oui. J'avais promis une réponse au titre de ce billet. Les carnetiers sont des exhibitionnistes est un jugement d'évaluateur.
Posted by bonadministrateur at 04:06 PM | Comments (0) | TrackBack
avril 04, 2003
Auprès des puissants, loyauté vaut mieux que vérité
Dan Sperber est directeur de recherche au CNRS à Paris. Il a fait de nombreuses publications en français et en anglais. Ses textes touchent notamment l'anthropologie, les sciences sociales, les sciences cognitives et l'argumentation.
Il y a quelques semaines, en lisant son texte An Evolutionary perspective on testimony and argumentation publié en 2001, une phrase a retenu mon attention. Je ne sais pas si en d'autres temps j'y aurais perçu de façon aussi claire ce qu'elle exprime.
For instance, it is often advantageous to flatter powerful people, who care as much about loyalty than about credibility, even if it means misleading them.
Dois-je vraiment ajouter des noms de pays?
Posted by bonadministrateur at 02:05 PM | Comments (0)
