octobre 04, 2004

Moron. Américanisme?


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Le dimanche 3 octobre 2004, chronique « Et Caetera »

« Coup de fil de Gilles Bergevin, l'ancien bibliothécaire de l'Assemblée nationale. Pour dire que Jacques Laurin est dans les patates quand il affirme que le mot « moron » est un américanisme (page 124, Les américanismes, les Éditions de l'Homme). À preuve : dans La Princesse d'Élide, une comédie galante que Molière a créée en 1664, il y a un personnage qui s'appelle Moron. Ce Moron-là, c'est un peureux, un crétin ! »


Petite visite sur le Web pour confronter, vérifier, confirmer.

« We received another e-mail of etymologies. We have so much fun debunking these that we simply can't resist yet another (even though this one does get it right a few times)!

Strange Words and Their Origins

The term moron entered our vocabulary when Molière, in his play La Princesse d’Elide, gave a dim-witted character the name Moron.

Uh, nope. The term arose in psychological circles and derives from Latin morus, which the Romans took from Greek moros "stupid". It dates in English from around 1900. Moliere did have a character of that name in his play, written in 1664, but the word did not enter English from there. »


Donc, pas vraiment de réponse définitive. Mais, tout au moins, si on vous reproche d'utiliser ce terme devenu populaire, vous pouvez demander à la personne sur quelles bases elle vous en fait le reproche ;-)

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septembre 15, 2003

Pardon, vous dites ?

Non mais. Ils en rajoutent encore les cousins ! Je pense que ils mériteraient vraiment un juste courroux. Voyez vous-mêmes.

Working Papers en Marketing
Working Papers in Marketing

Avec ce titre-là, à une lettre près, ça ne valait plus la peine de titrer en français. Bravo donc à l'Institut d'Administration des Entreprises d'Aix-en-Provence (sic... pour les majuscules).

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août 11, 2003

Langue de publication d'un carnet : écrire en Mac ou en PC ?

Le capitaine a utilisé une épithète forte (« traître ») pour qualifier le choix de l'anglais comme langue de publication du carnet Padawan de François Nonnenmacher.

Une suite de billets ont surgi chez Karl Dubost, la Grande Rousse, Gilles en vrac et d'autres (facilement retraçables à partir des trois billets précédents).

Ah... la langue, la sienne propre ou la dominante, quels beaux débats nous aurons encore pour de nombreuses années ! D'ailleurs, en y réfléchissant, je devrais m'y mettre aussi. Je pourrais doubler mon lectorat rapidement. De cinq à dix. :-)

Plus sérieusement, pour des raisons pas encore très claires, je ne peux m'empêcher de faire un parallèle rapide entre
« publier un carnet en français ou publier en anglais » et
« développer un logiciel pour le Macintosh ou développer pour Windows ».
Je n'ai pas encore bien analysé le tout (similitudes, différences, divergences) mais j'ai pensé que ça pourrait alimenter un peu la réflexion.

J'ai donc démarré Logiciel Avenue une entreprise de développement de logiciel en 1985. Mon associé, François Morel et moi nous étions posé la question : Mac ou PC ? Voici quelques éléments de réflexion, en vrac. À vous de voir si un quelconque parallèle existe entre cela et le choix d'une langue de publication ou si ce n'est qu'une mauvaise intuition de ma part.

Macintosh

Marché plus petit, beaucoup plus petit. Par contre, il est plus facile d'y faire entendre sa voix, de se faire remarquer ou de communiquer avec les journalistes. Le moins grand nombre de titres de logiciels par catégories permet d'y trouver une meilleure position plus facilement. Aussi, il y avait l'appel. L'appel de la culture Macintosh pèse lourd : élégance, raffinement, léger sentiment d'élitisme, sentiment de communauté beaucoup plus fort, reconnaissance des membres facilitée (pommes sur la voiture, sacs d'ordinateurs, etc.). Sur le Mac on pouvait transformer une idée en solution pratique et élégante beaucoup plus facilement.

Devions-nous choisir le village gaulois irréductible ou la toute puissance romaine : la presse prévoyait régulièrement l'anéantissement du village dans les trois années suivantes. Vingt ans plus tard on fait encore la même annonce. Attention, le village n'a pas rapetissé. Il s'est agrandi depuis. C'est la toute puissance romaine qui a comparativement beaucoup agrandi son territoire.

Autant de raisons de suivre mon cœur qui coïncidait à la raison, selon nos moyens de l'époque (1985, P.-W.*). Comme disait Guy Kawasaki, Apple Evangelist, je saignais jaune, vert, orange, rouge, violet, bleu.

Windows

Marché plus grand, quinze fois plus à l'époque. Mais un système d'exploitation (Win95 Windows 1.0) qui ne permettait pas d'exprimer totalement notre vision de ce que devrait être un bon logiciel. Bien sûr c'était quand même faisable mais à quel prix. Le pouvoir d'expression limité nous retenait. Le grand marché nous attirait. Comment s'y faire connaître ? Notre clientèle initiale naturelle était-elle plus du côté Mac ? Pensons au monde de l'édition pour lequel la réponse était évidemment oui. Comment attirer l'attention si notre produit était le 7e d'une catégorie, même s'il est le meilleur ? Comment soutenir techniquement les multiples incarnations du système d'exploitation ?

Évidemment, dans ce cas, nous ne naissions pas dans une communauté. Un choix s'imposait donc.

Devez-vous rédiger votre carnet en Mac ou en PC ?

* P.-W. époque pré-Web.

N.D.P.P. Pour un rafraîchissement sur les versions de Windows, voir Computer History - History of Microsoft Windows

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juillet 23, 2003

Faux amis

Avant-hier, via je ne sais plus où, j'ai visité le site d'i-Surf, un service internet haute vitesse sans fil. I-Surf offre maintenant des points d'accès à Montréal. Cet après-midi, je leur ai envoyé le courriel suivant :

Bonjour,

Hier, j'ai découvert vos services Internet haute vitesse sans fil. J'ai une question. Sur la page http://www.i-surf.ca/isurf/locationsFR.html, il semble y avoir une ambiguïté. Je crois, mais je n'en suis pas tout à fait certain, que vous utilisez le mot anglais location pour désigner les lieux et emplacements où votre service d'accès sans fil est accessible. Toutefois, étant donné que vous louez des services d'accès Internet, j'ai pensé un moment que vous aviez vraiment peut-être d'autres services de location.

Le contexte me laisse donc encore légèrement indécis : faites-vous d'autres types de location mis à part votre service d'accès Internet ?

Merci de lever ce doute,

Pierre Pilon
Québec (Québec)

Je sais. En ayant précisé Québec je vais passer pour un ignare de Québec qui ne parle pas suffisamment anglais pour avoir compris le sens anglais de location. Tant pis. Le ridicule ne tue pas toujours.

Faux amis : les faux amis désignent les mots d'étymologie et de forme semblable mais de sens partiellement ou totalement différents.

Exemple (en plus de location évidemment) : Louise is very vicious signifie qu'elle est méchante. Pas autre chose ;-) Déception, dirait alors le francophone. L'anglophone ne pourrait pas invoquer la tromperie (deception) mais nous faire par de son disappointment.

Pour les amis et ennemis des faux amis :

Posted by bonadministrateur at 06:27 PM | Comments (0) | TrackBack

juillet 05, 2003

Convaincre ou persuader ?

Persuader et convaincre : deux mots inévitables en pensée critique. Frères, peut-être, jumeaux, pas du tout. Bien que sémantiquement proches, ils diffèrent subtilement. Connaître la différence permet, par exemple, de qualifier l'approche utilisée dans une publicité en un seul mot. Saviez-vous que la majorité des publicités cherchent à persuader et seulement quelques-unes à convaincre ?

La différence ? L'article ci-dessous y répond. Extrait du dictionnaire des subtilités du français intitulé la Nuance :

La conviction tient plus à l'esprit, la persuasion tient plus au cœur. La conviction suppose des preuves, la persuasion n'en suppose pas toujours. Persuader se prend toujours en bonne part, convaincre se prend quelquefois en mauvaise part : Je suis convaincu de sa haine. « On persuade à quelqu'un de faire quelque chose, on le convainc de l'avoir faite ; dans ce sens convaincre ne se prend qu'en mauvaise part » (d'Alembert).

Pour conduire à l'adhésion, les deux voies indiquées ici (le coeur et l'esprit) trouvent leur répondant aujourd'hui avec cet autre couple : l'inconscient et la raison.

« Vous m'avez convaincu, mais vous ne m'avez pas persuadé », se dira facilement — tant le sujet s'attache viscéralement à ses illusions. Disons-le encore d'une autre manière : « Je vois bien à tous vos arguments que vous avez raison, il n'en demeure pas moins que mes désirs sont toujours les mêmes. » Contradiction banale que la psychanalyse (grâce à la plume d'Octave Mannoni) résume fort bien par cette formule : Je sais bien, mais quand même...

À l'inverse il est parfois possible de persuader sans avoir besoin de convaincre — c'est tout l'art de la rhétorique... Ou plus exactement, on utilise la persuasion en prétendant convaincre (geste essentiel de tout discours publicitaire).

Notre vie nous conduit sans cesse à brimbaler entre les arguments souvent inutiles de la conviction et les leurres de la persuasion.

Maintenant, avez-vous été convaincu de la pertinence de connaître cette différence ?

Posted by bonadministrateur at 12:01 PM | Comments (0) | TrackBack

juillet 04, 2003

la Nuance

Voici un livre intéressant, amusant et utile. Connaissez-vous la différence entre écrivain et auteur ? Peut-être. Entre étonnement et surprise ? Probablement pas. Lisez jusqu'au bout : réponse avec sourire en prime.

Personnellement, j'y ai trouvé les nuances recherchées à propos de quelques termes reliés à l'argumentation. On y fait une mise en lumière de quasi-synonymes comme persuader—convaincre, juste—équitable, insidieux—captieux et disputer—discuter—débattre—dispute—débat. Voici donc le livre source de quelques futurs billets.


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« la Nuance » de Alain Duchesne et Thierry Leguay dans la collection Le souffle des mots de Larousse,
1994, 351 pages. ISBN :2035330432

Du site de Larousse : Quelles sont les différences de sens entre le bonheur, la félicité et la béatitude ? Juste et équitable peuvent-il être employés l'un pour l'autre ? Alain Duchesne et Thierry Leguay ont pris le Littré comme point de départ de leur exploration pour débusquer les subtiles distinctions de sens qui existent aujourd'hui entre certains mots apparemment synonymes. Pour éclairer l'emploi adéquat de ces mots, ils ont ajouté aux articles du Littré de très nombreuses citations d'auteurs classiques et contemporains. Un dictionnaire écrit pour ceux qui savent goûter les nuances et les faire partager.

En citation d'ouverture, on trouve cette belle nuance :

Chacun a ses faiblesses. Littré en avait pour sa bonne. Un jour qu’il la lutinait, Mme Littré poussa la porte et s’écria : « Ah, monsieur, je suis surprise ! » Et le regretté Littré, se rajustant, lui répondit : « Non, madame, vous êtes étonnée. C’est nous qui sommes surpris. »

Posted by bonadministrateur at 01:34 PM | Comments (5) | TrackBack

juin 16, 2003

Mon français, je le watch.

C'est une nouvelle mission pour les inspecteurs de l'Office. « Ils doivent non seulement inspecter la quantité du français, mais aussi la qualité, poursuit M. Paquette. Les dirigeants d'entreprises doivent comprendre que leur belle-soeur qui a déjà suivi un cours de français par correspondance n'est pas traductrice... »

Cette phrase pourrait s'appliquer à bien d'autres domaines...

Le titre de ce billet se veut un clin d'œil à une chronique radio fort amusante et intéressante que nous avions à Québec. Tiré de Loi 101: de plus en plus de délinquants. L'emphase (gras) est de moi.

Posted by bonadministrateur at 01:27 PM | Comments (0) | TrackBack

juin 01, 2003

Le monde du classement

On trouve vraiment de tout sur Internet. Autre cas ce matin de serendipité heureuse (suis-je en train de commettre un pléonasme?) : un site sur le monde du classement.

Pourquoi classer? Réponse du site :

« Pour assimiler, mémoriser ou communiquer un concept, les classifications sont l'une des représentations les plus efficaces et naturelles à mettre en oeuvre.  »

On y trouve quelque 38 classements :

Curieux et pressé ? Jetez un coup d'oeil à la classification des médicaments ou celle des vêtements. Cette dernière, en particulier, donne une idée de l'utilité des classifications pour apprendre, comprendre, distinguer ou pour écrire plus créativement.

Bien que plusieurs classifications soient incomplètes ou embryonnaires, elles n'en demeurent pas moins utiles. Des volontaires dans la salle pour les enrichir ?

Posted by bonadministrateur at 01:58 PM | Comments (1) | TrackBack

mai 14, 2003

Oxymoron

Je fais de la prévention (voir texte précédent). Ne me dites pas que le mot oxymoron est un calque de l'anglais, comme on me l'a si souvent dit. L'OLF est d'accord avec moi. Nah.

Posted by bonadministrateur at 01:35 PM | Comments (2) | TrackBack

avril 14, 2003

Pléonasme pour sceptique

Ça fait longtemps que je voulais partager cette perle. C'en est toute une belle, tout au moins pour un sceptique. J'ai longtemps eu envie d'appeler le récipiendaire 1997 du prix des sceptiques du Québec pour lui laisser le plaisir de rapporter ma trouvaille. Je suis certain qu'il aurait apprécié. Malheureusement on ne peut plus l'entendre. Mais ça, c'est une autre histoire.

Vous connaissez certainement la série de livres ...pour les nuls: Internet pour les nuls, SQL pour les nuls, etc. Il y en aurait près d'une centaine en informatique seulement. On compte aussi des titres en management mais également dans des domaines très divers. C'est dans l'un deux que j'ai trouvé, vu et identifié ce que je considère comme un joli pléonasme dans le titre même d'un livre.

« Bon, Pierre. C'est assez. Vas-tu le lâcher le morceau ! C'est probablement pas si intéressant et d'autres diront que c'est même pas un vrai pléonasme, que c'est juste un truc de sceptique ! »

D'accord. À vous de juger: pléonasme... ou rien du tout.


P.-S. Il fallait bien que je parle d'un livre aujourd'hui. Ça va m'aider à me remettre de ma déception de ne pas avoir été inclus par cfd dans la liste des personnalités rencontrées au Salon du livre. Qui sait? Un jour peut-être. (soupir)

Posted by bonadministrateur at 12:41 AM | Comments (1) | TrackBack

avril 09, 2003

Le guillemetage

Dans les premières heures du démarrage ce ce cybercarnet, j'ai eu à me poser des questions sur les guillemets: usage et codage. J'ai lu que la grande rousse s'y était aussi frottée. Je cherchais le bon code HTML pour respecter les guillemets français. Je voulais également en connaître l'usage exact. En cours de balade, j'ai donc trouvé une page qui m'expliquait et montrait « tout ce que vous voulez savoir sur les guillemets sans avoir jamais osé le demander » et même un peu plus.

Je ne pensais pas qu'on pouvait écrire autant sur un sujet si particulier. Puis, je me suis soudain rappelé un très vieux souvenir. Jean BEAUDOIN (autrefois membre très actif du Club Macintosh de Québec) m'avait déjà rapporté l'existence d'un livre portant sur la seule lettre g ! Si on écrit un livre sur une seule lettre, on peut bien écrire quelques pages sur les guillemets...

Posted by bonadministrateur at 12:48 PM | Comments (4)