janvier 28, 2007
Modèle d'argumentation
16:00-17:20 (vraie: 16:30- )
Moderator: Richard Lempert
Visualizing Arguments of the Carneades Argumentation Framework
Thomas F. Gordon & Doug Walton
- leur présentation PowerPoint
- leur publication
- présentateur: Thomas F. Gordon
- présentation d'une technique de diagramme dont l'origine était d'abord mathématique. Chaque partie est donc bien définie.
- objectif de leur visualisation: représenter toutes les math sous-jacentes
- notre modèle englobe l'expression normalement permise par les autres modèles: Wigmore, Toulmin, etc.
- dans ce modèle, les liens doivent être nommés (NDPierre: comme dans les cartes conceptuelles)
- leur modèle n'est pas une arborescence, mais bien de type réseau
- NDPierre: les types de corroboration mentionnés sont porteurs de questionnement intéressant pour assister le développement de l'argumentaire: 4 types présents, lesquels sont absents, quelles en sont les raisons, etc.
Virtual Arguments: On the Design of Argument Assistants for Lawyers and Other Arguers
Bart Verheij, université de Groningen
- présentation d'un logiciel de construction, visualisation et évaluation d'arguments
- il en est le concepteur et développeur. En riant, il enviait Tim van Gelder qui a eu pendant un moment six programmeurs et maintenant une équipe de trois
- diagramme intitulé "Theory Construction" est simple mais très intéressant pour expliquer le processus de construction d'un argument (insérer quand on aura la version électronique) ; NDPierre ça ressemble au processus du design (wicked problem ) tel qu'étudié par Horst Rittel et clairement expliqué dans cet excellent document par Jeff Conklin
- une réflexion intéressante sur le fossé entre la recherche et enseigner à des étudiants en droit comment argumenter: "legal reasoning is hard because of the content not the logical reasoning"
Posted by bonadministrateur at 05:20 PM | Comments (0)
En classe de math ?
14:00-15:40 (vrai 14:30 - 16:00)
Moderateur: Justin Hughes
Some Puzzles about Defeasible Reasoning(Quelques casse-têtes à propos du raisonnement réfutable)
John L. Pollock, Professeur de philosophie et de sciences cognitives de l'université d'Arizona
- "Je vous présente des choses intéressants, mais je ne sais pas si elles sont vraies"
- expression intéressante à reclasser: arguments zombies
- le calcul des probabilités n'est pas adéquat
- Ça semble intéressant mais comme voys voyez, les résultats sont inconhérents
- NDPierre: je me sens comme dans un épisode de l'émission Numbers, mais sans les belles métaphores !
Ron Loui, A Modest Proposal for Annotating the Dialectical State of a Dispute
- la présentation? une lecture de son papier
Richard Lempert, Commentateur
- Richard: quel est l'apport de la visualisation? Peut-être un effet placebo? Si on donnait le même cas à 10 avocats, on obtiendrait probablement 10 diagrammes différents. Mais si à faire l'exercice l'avocat doit pousser sa réflexion, la mener plus loin, ceci peut lui donner confiance en cours et le faire gagner, sans que la visualisation en soit la vraie cause
- Vern: rule of law values transparency; we value simplicity; we are all Occam's razor thinker... That's why we don't see bayesian in court.
Posted by bonadministrateur at 03:10 PM | Comments (0)
Du très concret: approches et outils de schématisation
Dimanche, 11:20-13:00
Modérateur: Thomas D. Cobb , chargé de cours à l'école de droit de l'université de Washington.
Rationale: A Generic Argument Mapping Tool
(Rationale: un outil générique de cartographie argumentaire)
Tim van Gelder, professeur adjoint de philosophie à l'université de Melbourne, Australie
- (Début 11:30)
- "In considering what is a good visualisation of evidence, we must attend at least as much to the nature of users and their tasks as we do to the nature of the domain itself."
- "A good visualisation is one which supports interaction as muchs as comprehension."
- les arguments ne sont pas infinis, ils s'arrêtent à une action non-argumentative: citation, référence, autorité, sens commun, etc.
- du mode raisonnement au mode analyse: on ajoute des nuances sur les implicites et la force des inférences
- orientation du design est véritablement de permettre le 'think through' d'un problème
- Rationale: un outil générique de réflexion ayant des applications en éducation, en affaires et les défis en design. Bien entendu la communauté des services de renseignements est déjà intéressée (Australie et É.-U.)
- on choisit l'utilisabilité sur le terrain plutôt que l'exactitude théorique
- déjà utilisé dans des procès par les avocats pour articuler pour eux-mêmes leur réflexion
- notre cerveau fait de la fausse représentation sur sa capacité de rétention à court terme: pensons au jeu de tic-tac-toe sans papier
- démonstration spectaculaire de notre capacité de traitement visuel: 2 phrases présentées en 200 msec et on ne peut rien en déduire. La même chose présentée en diagramme, sans même lire, on peut déduire quelle phrase soutient l'autre.
- Pourquoi dans une conférence sur la visualisation, les documents présentés n'utilisent-ils pas des diagrammes pour présenter leur argument? Probablement parce qu'ils ne fonctionnent pas. Si ils ne fonctionnent pas pour nous, pourquoi fonctionneraient-ils pour d'autres? NDPierre: c'est ce que j'avais constaté au fil de mes différentes participations à des conférences sur la visualisation - la majorité n'utilisent pas leur propre outil.
Wigmore, Toulmin and Walton: The Diagramming Trinity and their Application in Legal Practice
(Wigmore, Toulmin et Walton: la trinité de la schématisation et leur application dans la pratique du droit)
Chris Reed
Senior Lecturer & Assistant Head of Research à l'université de Dundee, Écosse
- sa présentation, son texte
- intéressant de noter que des magistrats de l'Ontario utilise leur logiciel Araucaria, notamment comme une formalisation de cas relativement simples mais à grands volumes: les violations de la circulation
- chaque approche de schématisation a ses forces, ses faiblesses et s'adressait à une communauté d'intérêts particuliers différents
- (Fin à 13:40)
Commentateur: Dale Nance, professeur à la Case Western Reserve University School of Law
- Chris: en construisant le diagramme, certains ont comme approche que le texte est sacré alors que d'autres n'ont aucun problème à rendre l'argument aussi solide que possible (le fameux principe de charité)
- Chris: Wigmore, en fait n'utilisaient pas les flèches pour des arguments indépendants, mais uniquement la représentation utilisée pour des arguments convergents: les multiples témoins dans une cause en sont un bon exemple
- Tim: people read into diagram what they need to read and interpret the meaning of the arrows as they need. My hunch is that qualifying or giving a type to arrows would get in the way.
- Audience, ex-prosecutor: use a software (Case Map), fact issues, les données d'un cas changent constamment, le travail de préparation est immense avant même d'établir l'argumentaire et les différents scénarios possibles
- Tim: scénarioo similaire dans les services de renseignements qui, eux, utilisent un logiciel comme Analyst Notebook.
Posted by bonadministrateur at 12:45 PM | Comments (0)
La preuve est dans le pudding ?
Dimanche, 9.20-11.00
Modérateur: Henry Prakken, département d'informatique de l'université d'Utrecht et professeur de droit de la facuté de droit de l'université de Groningen (Pays-Bas).
Visualizing the Dynamics around the Rule/Evidence Interface in Legal Reasoning
(Visualiser les dynamiques à propos de l'interface entre la règle/la preuve dans le raisonnement juridique)
Vern Walker professeur à l'école de droit de l'université de Hofstra (Long Island)
- utilisation d'une échelle à 5 ou 7 valeurs, ou des pourcentages de probabilité
- résultats présentés avec des schémas d'évidence
- utilisation de la logique des prédicats
- on ajoute les données propres à un cas
- notion de "strong defeater" et "weak defeater" (NDA: vérifier la transférabilité de cette notion en termes simples de logique informelle
- 3 connecteurs suffisent: ET, OU, À MOINS QUE
- 3 valeurs suffisent: non décidé, vrai, faux
- visualisation de la "pertinence"
- visualisation de la propagation des valeurs de plausabilité: comment un jeu de faits ayant des évaluations différentes "montent" dans la pyramide argumentaire
- en droit, les règles de propagation ne sont pas les mêmes dépendant si prépondérance, si rejet de preuves, si contexte de "hors de tout doute"
- la visualisaton du "processus de prise de décision"
- la visualisation des facteurs pertinents (relevant factors)
- dans le système judiciaire, certaines personnes n'ont pas à exposer leur raisonnement, comme les jurés; d'autres doivent exposer leur raisonnement: les juges, les "... marshall"; on apprend et évolue en étudiant ceux qui doivent exposer leurs raisonnements
- la visualisation permet de clarifier les problèmes, de suggérer des solutions, de montrer les relations parmi des éléments logiques, dont la dynamique des relations entre les éléments
Fin de cette partie à 09:55
Thinking beyond the Shown: Implicit Inferences in Visual Evidence and Argument
( Penser au-delà du montré: les inférences implicites dans les éléments visuels de la preuve et de l'argumentaire).
Richard Sherwin, professeur et directeur du projet de persuasion visuelle de l'école de la New York Law School et
Neal Feigenson, professeur à l'école de droit de l'université de Quinnipiac (Hamden, Connecticut)
Neal Feigenson débute.
- les jurés sont souvent plus influencés par des élments non-dits, sur le comment les éléments sont présentés
- les images sont différentes des mots: plus vivantes, plus mémorables, plus d'informations en moins de temps
- une image, encore plus fort que les mots, sollicite d'autres images, d'aures références culturelles: ces associations sont faites généralement inconsciemment
- le conférencier affiche des images très fortes: la charge émotive est évidente et instantanée. Note: utiliser ça en parallèle en ayant d'abord les mots sur une moitié d'écran et afficher l'image plus tard: une bonne façon de faire vivre la puissance de la visualisation
- attention à l'effet "arbre de Noel": les jurés sont tellement fascinés par les images qu'ils n'entendent plus l'interprétation apportée par l'expert
- différence entre une preuve et un argument
- cas du Vioxx: l'avocat en cours a parlé de "connecting the dots" et montrait une image qui appuyait ces mots. Cette métaphore causait l'idée de chaîne, d'enchaînement. On renforçait le lien de façon implicite sans parler de la notion difficile de causalité. (Fin 10:20)
Sherwin prend le relais
- L'image évoque quelque chose: nous, nous remplissons le sens. Un exemple du magazine Mad illustre bien cette notion. L'humour joue souvent sur un lien implicite que l'audience va faire, mais qui se révélera être fausse
- (citation) toutes les images sont en attente d'une explication ou d'une falsification apportée par le libellé de l'image
- la force de la télé n'est pas dans la diffusion d'images, mais dans la génération d'émotions comme la peur, la joie, la tristesse
- l'image crée des juxtapositions, des associations:
- dans une société visuelle: il y aussi des règles de rhétorique mais culturelles et généralement implicites
- la persuasion visuelle fonctionne par association à des émotions en masquant généralement comment ce lien a été établi: il faudrait mieux étudier pour rendre plus explicites ces règles d'association, de croyance afin de mieux les maîtriser (Fin 10:43)
Commentateur: Marc Lauritsen, président de Capstone Practice Systems
- Marc: l'image influence, le diagramme essaie de dire la vérité?
- Richard: on peut examiner et contre-interroger les distorsions apportées par les images.
- Vern: tout ça est bon car ce sont là des outils supplémentaires pour nous aider à faire notre travail
- Audience: les diagrammes sont intemporels alors que les images sont beaucoup plus temporelles et personnelles: Blade Runner, 30 ans plus tard, n'aura pas le même impact que lors de sa sortie
- Richard: la connaissance émotionnelle n'est pas une abstraction ni une distraction, mais une réalité
- Vern: certaines décisions sont mieux prises par certaines personnnes disposant de certains outils intellectuels et leur sont conséquemment attribuées: avocats, ingénieurs, etc.
- Audience: le diagramme lui-même a une charge émotionelle attachée à cette représentation. NDA: est-ce vraiment équivalent aux mots, tout en étant simplement différencié?
- Vern: l'étudiant en droit deviendra "ingénieur des mots"; pas très bon à son arrivée mais, on l'espère, compétent à la sortie Fin 11:10
Note: je suis ouvert à toutes suggestions pour améliorer les traductions rapides faites "en direct".
Posted by bonadministrateur at 09:55 AM | Comments (0)
janvier 27, 2007
Représentation visuelle dans le domaine du droit
Pour les deux prochaines journées, je serai occupé à la conférence "Graphic and Visual Representations of Evidence and Inference in Legal Settings". Pourquoi ? Le titre dit tout: argumentation et visualisation. Mes deux dadas. Un parfait mélange.
Que de mieux que de rencontrer ceux qui constituent probablement le plus grand groupe d'utilisateurs fréquents et systématiques de l'argumentation: les avocats?
Que de mieux que de rencontrer Tim van Gelder, monsieur arbre d'argumentation lui-même ? D'ailleurs, en plus de nous rencontrer demain, nous avons rendez-vous mardi pour une entrevue.
J'essaierai de vous tenir au courant des éléments particulièrement intéressants de cette conférence.

Bon, pour ça, je dois quand même me taper New York, mais qu'est-ce que je ne ferais pas comme sacrifice pour le plaisir d'apprendre :-) Rendez-vous compte, j'ai même dû faire un détour par la boutique Apple, pas très jolie.
Posted by bonadministrateur at 10:17 PM | Comments (0)
novembre 26, 2005
Ils savent argumenter un peu mieux : vive les arbres
Cette semaine, je donnais un atelier sur l'argumentation et la pensée critique appuyé sur l'outil arbre d'argumentation, un autre levier intellectuel.
J'avais un groupe quasi idéal. De par sa taille: douze personnes. De par sa composition: une clientèle mixte d'informaticiens de la firme Thales et de chercheurs du Centre de recherche de Valcartier. Ce mélange d'intelligences regroupées me donne toujours une bonne journée. Je sais qu'on va comprendre rapidement, mais qu'aussi on ne se gênera pas pantoute pour challenger:
- Pierre, j'ai pas l'impression que c'est vraiment un jugement d'observateur. Si on considère le "a l'air d'un" ça donnerait plutôt un jugement d'évaluateur.
Les secondes que je prends pour formuler une réponse un peu intelligente ne servent à rien. La réplique vient vite d'un participant:
- Non. C'est correct. Il transmet une observation déduite et le "a l'air" serait juste le niveau de confiance qu'il a dans son énoncé.
Voilà! C'était une réponse claire, plus claire que celle que je préparais. Pour raffiner un propos, pour mieux maîtriser son discours, y a rien de mieux qu'un groupe éveillé et curieux.
En plus, le tout était épicé d'espiègleries en quantité suffisante pour donner beaucoup de goût, mais sans jamais gâter la sauce. Ça changeait du met surprise du matin: des soldats armés de mitraillettes pour nous accueillir à la guérite. Mais le tout bien poliment.
OK. Assez. Tout ça pour finalement dire que j'aurai quelques billets bientôt pour donner des compléments d'information promis à ces gens: des références de livres, des exemples de sophismes, des ressources particulièrement intéressantes.
Posted by bonadministrateur at 04:30 PM | Comments (0) | TrackBack
Ils savent argumenter un peu mieux : vive les arbres
Cette semaine, je donnais un atelier sur l'argumentation et la pensée critique appuyé sur l'outil arbre d'argumentation, un autre levier intellectuel.
J'avais un groupe quasi idéal. De par sa taille: douze personnes. De par sa composition: une clientèle mixte d'informaticiens de la firme Thales et de chercheurs du Centre de recherche de Valcartier. Ce mélange d'intelligences regroupées me donne toujours une bonne journée. Je sais qu'on va comprendre rapidement, mais qu'aussi on ne se gênera pas pantoute pour challenger:
- Pierre, j'ai pas l'impression que c'est vraiment un jugement d'observateur. Si on considère le "a l'air d'un" ça donnerait plutôt un jugement d'évaluateur.
Les secondes que je prends pour formuler une réponse un peu intelligente ne servent à rien. La réplique vient vite d'un participant:
- Non. C'est correct. Il transmet une observation déduite et le "a l'air" serait juste le niveau de confiance qu'il a dans son énoncé.
Voilà! C'était une réponse claire, plus claire que celle que je préparais. Pour raffiner un propos, pour mieux maîtriser son discours, y a rien de mieux qu'un groupe éveillé et curieux.
En plus, le tout était épicé d'espiègleries en quantité suffisante pour donner beaucoup de goût, mais sans jamais gâter la sauce. Ça changeait du met surprise du matin: des soldats armés de mitraillettes pour nous accueillir à la guérite. Mais le tout bien poliment.
OK. Assez. Tout ça pour finalement dire que j'aurai quelques billets bientôt pour donner des compléments d'information promis à ces gens: des références de livres, des exemples de sophismes, des ressources particulièrement intéressantes.
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